Karim Tabou (FFS) : « Le pays a besoin d’une transformation politique sérieuse et pacifique»

SCOTTO« Il ne suffit pas de capter le changement que connaissent certains pays du monde arabe, il faut le construire », tel est désormais le mot d’ordre de l’action du Front des forces socialistes (FFS) et défendu le long de l’émission politique de la chaine III.  

Fasciné par les révolutions populaires en Tunisie et en Egypte basées sur les nouveaux moyens de communication, le premier secrétaire du parti doyen de l’opposition, M. Tabou s’est dit inquiet, par contre, de ce qui se passe en Libye qui incarne, selon lui, l’image du « non-Etat ». « Ces régimes, (arabes, ndlr),  n’ont même pas été capable de construire des Etats », dit-il avançant pour preuve qu’ils n’ont pu résister devant les crises qui secouent nombreux pays en l’absence d’institutions étatiques.

Les régimes arabes ont fait le lit de l’intervention étrangère 

« Après trente année de gestion de Moubarak, c’est les militaires qui prennent le pouvoir en Egypte.  De même en Libye, après 40 ans de règne de Kadhafi, c’est les tributs qui sont là pour gérer l’Etat tout comme en Irak avant la chute du régime de Saddam», déplore-t-il ajoutant que l’absence de démocratie, l’absence des institutions de l’Etat provoquent des chutes terribles des Etats et anéantissent des pays  tout  entiers. Au sujet de l’intervention de l’occident dans pareilles conditions, incombent d’après M. Tabou, à cette fragilité de ces Etats dont il accuse la faiblesse de ces régimes d’être des alliés naturels de l’occident et nourrit la logique des interventionnistes à leur tête les Etats-Unis. 

«  Ce sont ces régimes qui ont rendu possible ces interventions en tous genre et font leur lit de par leur incapacité de construire la confiance des peuples, des Etats respectables et des institutions respectées, ce qui fait qu’ils sont les alliés objectifs de ces puissances qui préfèrent avoir en face d’eux des régimes faibles à qui on a fait passer toutes les politiques», a-t-il appuyé. 

Cet état de fait ne peut perdurer, dira l’invité de la chaine III, et les petites gens ont prouvé en Egypte comme en Tunisie qu’ils sont capables de faire changer, avec une révolution pacifique, la situation qu’ils subissent. 

Concernant l’Algérie, l’orateur ne manquera pas de préciser que « nous sommes aussi dans un carrefour et chacun doit choisir sa destinée », relève-t-il ajoutant qu’il faut tirer les enseignements qu’il faut et aller, en tant que partis politiques, vers la population quartier par quartier, maison par maison, afin de sensibiliser de la démocratie, de la tolérance, de l’unité du peuple et au-delà sensibiliser les peuples du Maghreb la nécessaire solidarité des peuples Algérien, Marocain et Tunisien et reconquérir la vie en communion à laquelle a appelé le document historique du 1er novembre qui consacra les trois promesses fondamentales traduites, faut-il le rappeler,  par l’indépendance du pays, la construction d’un Etat démocratique et social, la construction d’un  Maghreb des peuples fondé sur la solidarité, la liberté de mouvement et d’expression.   Malheureusement, poursuit-i. 

Un recul sur la question palestinienne 

ICLIMAT DE FRANCEnterrogé sur la position du FFS sur le sort du peuple sahraoui, M. Tabou explique que les négociations entre marocains et le front Polisario doivent aboutir à un accord et tout le monde, partis politiques, société civile, intellectuels doivent tous  contribuer à leur réussite. Je pense que tout ce monde a un devoir de faire aboutir ces négociations. Il fera, par ailleurs, remarquer qu’ « il y a un net recul, algérien, sur la question palestinienne depuis la proclamation à Alger, le 16 novembre 1988, d’un Etat », se disant ne plus comprendre un certain flou, parfois un silence, qui entoure la position officielle vis-à-vis de la Palestine soutenant que  «les slogans ou l’argent ne suffisent pas » pour soutenir la cause palestinienne. 

« Chacun doit faire un changement en son sein » 

S’exprimant sur ses activités au sein de la coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC) M. Tabou assure que le FFS n’y a jamais été partie prenante précisant qu’il a, devant une situation, fait le choix d’aller à la population. « Le changement ce n’est pas les sigles des partis », martèle-t-il précisant que c’est par une présence sur le terrain, près de la population mais non occasionnellement. 

« La démocratie ne s’improvise pas ça se construit », insistera-t-il et pour la construire ce n’est pas dans la rue ou les salons douillets d’Alger, a-t-il dit.  Et d’ajouter « Il faut faire un grand effort  pour faire ce changement ». Selon le 1er secrétaire du FFS, Le parti opté pour un travail de proximité, en allant vers la population dans des rencontres de quartiers et meetings, pour donner la parole aux gens et construire les forces de changement dans la sérénité. Pour ce faire, il proposera de définir d’abord la nature du changement ensuite de la méthode de changement, refusant les appels au changement par  la rue ou les appels du départ du régime. 

« Mettre la violence de côté  car le pays a besoin d’une transformation politique sérieuse et que la responsabilité incombe à la fois au pouvoir, aux politique et aux  journalistes, etc. « Il ne s’agit pas de demander le changement mais il faut le faire au sein de lui même, au sein de son organisation, dans son mode de fonctionnement (…) pour espérer un changement pacifique et négocié d’une manière ordonné », conclut-il. 

 

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