Idhebalen

Idhebalentambourinaires «Idhebalen ».

Idhebalen, ces groupes de musique traditionnelle qui animent les fêtes dans les villages font un retour en force, après avoir presque disparu pendant près de trois décénnies.

la région des Ath Abbas, là où cette musique est née, probablement d’un métissage avec la musique ottomane. Ce sont les Turcs, en effet, qui ont introduit et popularisé en Algérie ce genre musical à partir du XVIe siècle. Les kabyles des Ath Abbas, qui les ont combattus pendant trois siècles en leur interdisant l’entrée de la Qalâa, la capitale de leur petit royaume, ont repris cette tradition à leur compte en y introduisant le bendir pour l’adapter aux rythmes et aux airs locaux. Les troupes d’Idhebalen sont des orchestres de quatre musiciens où l’on retrouve le tbal (la grosse caisse), le bendir et deux ghaïtas (hautbois), l’une grave et l’autre aiguë. En Kabylie, il y a deux grandes écoles d’Idhebalen. Celle des Ath Abbas en basse Kabylie et celle des Igawawen, en haute Kabylie. La différence entre les deux est que la tradition des Ath Abbas semble plus élaborée avec une quinzaine de noubas dont Zendani, Tagmarine, Qbaïli, Zriga, Heddi, Haouzi et autres, alors que celle des Igawawen, aux dires des connaisseurs, ne comporte que le mode léger dit « Rwah, Toughaline ». Au reste, de grands tambourinaires issus des villages de la haute Kabylie, comme Kaci Iboudraren, ont fait leurs classes chez les Ath Abbas.  Le style de ces derniers est très proche de celui des Hauts-Plateaux sétifiens ou du folklore chaoui. Cette similitude vient du fait que les Ath Abbas sont issus des hauts plateaux du Hodna qu’ils ont quittés après l’invasion des Beni Hillal. Les instruments sont fabriqués par des artisans locaux, dans les villages de Ouizrane, Tighilt Oumial, Tizi Allouane et Taourirt Ou-âvlla. Ce dernier village semble d’ailleurs spécialisé dans el ghita tilouth, cette cornemuse locale faite d’une outre et d’un hautbois.

Des hautbois ont été également ramenés par les premiers émigrés kabyles des régions bretonnes. Rien d’étonnant quand on connaît les similitudes entre le folklore kabyle et la musique celtique dont la fusion a donné de beaux métisses comme Thalweg ou la rencontre du chanteur Idir avec des interprètes celtes.

Chaque moment fort de la noce s’apparente à l’exécution d’une sorte de mouvement musical ou nouba. La sortie de la mariée du domicile de ses parents, son arrivée dans la maison de son époux, le moment où elle est conduite à la fontaine du village, la cérémonie du henné, l’ourar (séance de chants et de danse) que l’on anime en soirée, etc. Il y a encore quelques années, une cérémonie de mariage réussie en Kabylie ne pouvait se concevoir sans Idhebalen. Aussitôt annoncés, on accourait de tous les villages pour les entendre et les voir jouer et, surtout, danser au son de leur musique jusqu’au lever du jour. Ils avaient leurs superstars comme Messaoud Ferhat, Amar Ouziri, Kaci Iboudraren, Ahmed Ouherroug et Si Lmadani Ou Handis. Le mariage durait trois jours : assensi, tamaghra et avagous. Seuls les gens fortunés pouvaient se permettre le service de ces artistes que l’on traitait comme des rois. Certains avaient mêmes des danseuses. La danse des Ath Abbas, différente de celle de
la Haute Kabylie s’exécute non pas avec les hanches mais avec les pieds. On l’appelle amrawah ou zendani daw oufouss et ressemble beaucoup aux danses des Hauts-Plateaux. Aujourd’hui, malgré la concurrence furieuse des disc-jockeys qui assomment littéralement l’assistance avec leurs torrents de décibels où le raï le dispute au charqui, Idhebalen maintiennent vaille que vaille une tradition vieille de plusieurs siècles et ne sont pas près de quitter la scène. Guendouz est la véritable capitale des Idhebalen. Quelques villages comme celui de Belaguel, Tighilt Oumial, Ouizrane et Handis se disputent la paternité de ce genre musical. 


Archive pour août, 2009

Larbi Ben M’hidi Mohamed

LARBI BEN M'HIDINé (1923-1957) naquit près de Aïn M’lila dans
la Wilaya de Oum el Bouaghi dans les Aures en Algérie dans une famille rurale aisée. 

Il fit ses études primaires à l’école française où il obtint son Certificat d’études, puis entreprit des études secondaires à Biskra

Il travailla ensuite comme comptable au service du Génie civil de Biskra, puis s’installa à Constantine où il fut proche de l’Association des Oulémas et en particulier de Moubarek el-Mili

Ben M’hidi adhéra au mouvement des Amis du Manifeste et de
la Liberté (AML) fondé par Ferhat Abbas et participa au congrès de mars 1945. 

Les massacres du 8 mai 1945 marquèrent sa volonté de poursuivre ses activités clandestines. Il adhéra au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) et à l’Organisation Spéciale (OS) à laquelle participèrent également Ben Bella, Aït Ahmed et Mohamed Boudiaf (dont il fut l’assistant). En 1950, vainement recherché par les services de police, il est condamné par défaut à dix ans de prison pour « menée subversive et activité illégale ». 

Militant du P.P.A, arrêté après la répression de 1945, il choisit la clandestinité.
Commissaire local des S.M.A et cadre de l’ O.S à Biskra, vainement recherché par les services de police en 1950, il est condamné par défaut à dix ans de prison pour menées subversives et activité illégale.
 

Nommé chef de daira en Oranie et permanent du M.T.L.D, il est relevé de ses fonctions à la suite d’ un contrôle de police à Ain-Temouchent. 

Membre fondateur du C.R.U.A, il est le premier responsable de la wilaya du F.L.N Oranie qu’ il organise efficacement malgré un démarrage difficile. 

En 1956, il participe au congrès de
la Soummam et il est élu au C.E.E avec Krim et Abane dont il partage les points de vue. Il laisse le commandement de la wilaya V à Boussouf et supervise l’ action des groupes armés lors de la bataille d’ Alger.
Arrêté le 23 février 1957 par les paras du colonel Bigeard, torturé, il meurt sans avoir parlé à l’ adversaire dont il forcera l’ admiration. 

En avril 1954, Ben M’hidi fut l’un des 9 fondateurs du C.R.U.A qui le 10 octobre 1954 transformèrent le CRUA en FLN et décidèrent de la date du 1er novembre 1954 comme date du déclenchement de la lutte armée pour l’indépendance algérienne. On lui confia
la Wilaya 5 (l’Oranie) qu’il organisa efficacement malgré un démarrage difficile pour manque de moyens et d’hommes. 

BEN M'HIDIEn 1956, laissant le commandemant de
la Wilaya 5 à son lieutenant Abdelhafid Boussouf il devint membre du Conseil National de
la Révolution Algérienne; il était proche des idées de Abane Ramdane et Krim Belkacem. Le premier fut assassiné au Maroc à la fin de décembre 1957, le second à Francfort le 18 octobre 1970. Il participa à l’organisation des premiers attentats de la bataille d’Alger

Arrêté le 23 février 1957 par les parachutistes, il refusa de parler sous la torture avant d’être pendu extrajudiciairement par le général Aussaresses dans la nuit du 3 au 4 mars 1957. Ses dernières paroles avant de mourir: « Vous parlez de
la France de Dunkerque à Tamanrasset, je vous prédis l’Algérie de Tamanrasset à Dunkerque »
[2]. Le général Bigeard, qui avait rendu hommage auparavant à Ben M’hidi avant de le confier aux Services Spéciaux, regretta cette exécution. 

Dans une conférence de presse donnée le 6 mars, le porte-parole du gouvernement général déclara : Ben M’hidi s’est suicidé dans sa cellule en se pendant à l’aide de lambeaux de sa chemise. En 2001, dans une confession au journal Le Monde, le général Aussaresses reconnaîtra avoir assassiné Larbi Ben M’Hidi ainsi que l’avocat Ali Boumendjel dans la nuit du 3 au 4 mars 1957. 

Le 5 mars 2007, le général Aussaresses, dans un entretien au Monde, retrace les dernières heures de Larbi Ben M’hidi : 

Larbi Ben M’Hidi est conduit dans la ferme désaffectée de
la Mitidja d’un colon extrémiste. Six hommes dont Aussaresses préparent l’exécution en passant une corde à travers un conduit de chauffage. L’un des hommes a joué le rôle du supplicié pour vérifier que tout était au point. Il est monté sur un tabouret, a passé sa tête dans le noeud et regarde les autres provoquant un fou rire général. Un parachutiste veut bander les yeux de Ben M’hidi. Celui ci refuse. Le soldat répond qu’il exécute un ordre. Ben M’hidi réplique qu’il est colonel de l’ALN et qu’il sait ce que sont les ordres. Sa demande sera refusée ; Il sera pendu les yeux bandés et se taira jusqu’à la fin. Pour le pendre, les bourreaux vont s’y prendre à deux fois. La première fois, la corde se casse. 

Dans une conférence de presse donnée le 6 mars, le porte-parole du gouvernement général déclare: « Ben M’hidi s’est suicidé dans sa cellule en se pendant à l’aide de lambeaux de sa chemise. » 

Il s’agissait en fait d’une mascarade de visant à dissimuler son assassinat par des tortionnaires dans la nuit du 3 au 4 mars 1957. 

Le 20 août de la même année, le journal EI-Maudjahid lui rendit hommage en ces termes: «L’ennemi n’a pas bien regardé Ben M’hidi. Il eût compris la vanité de cette torture, l’impossibilité d’ébranler ce révolutionnaire pendant des jours et des nuits. Ben M’hidi fut atrocement torturé, toutes les inventions françaises, toutes les techniques sadiques des tortionnaires lui furent appliquées. Le corps de Ben M’hidi meurtri, cassé et disloqué, s’est écroulé mais nous savons aujourd’hui que sa dignité intacte, son courage et son énergie inébranlables remplirent de honte l’ennemi.»

Zighout Youcef

Zighout youcef Né le 18 février 1921 dans le village de Smendou qui porte aujourd’hui son nom (au Nord-Est de Constantine.)

Il connut une enfance difficile et, ayant interrompu ses études très tôt, il dut à quatorze ans devenir apprenti forgeron pour aider sa famille. Comme des milliers d’autres militants de la cause nationale, les événements du 8 mai 1945 représenteront un tournant décisif dans sa prise de conscience, qui avait apparu dès son plus jeune âge.

En effet, il avait adhéré à dix-sept ans au Parti du Peuple Algérien (PPA), dont il fut le premier responsable à Smendou, en 1938. Candidat du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) aux élections communales de 1947, il se rendit compte de manière définitive de l’utilité de la voie pacifique jusque-là dominante dans le mouvement nationaliste.

Son évolution politique l’amena naturellement à faire partie de l’Organisation Spéciale (OS), qui devait préparer les conditions nécessaires à la lutte armée. Lorsque l’OS fut découverte, en 1950, il fut incarcéré à la prison d’Annaba, dont il s’évada vers la fin du mois d’avril 1954, en fabriquant un passe-partout à l’aide d’un morceau de fer. Il entra alors dans la clandestinité.

Dès la création du Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA), il s’engagea avec plus d’ardeur encore dans l’action militante.

Le 1er novembre 1954, il est aux côtés de Didouche Mourad, responsable du Nord-Constantinois qui devait devenir la wilaya II. En janvier 1955, Didouche Mourad tombe au champ d’honneur, et Zighout Youcef, dont le nom de guerre était Si-Ahmed, le remplace à la tête de la région.

Avec un armement rudimentaire, il organise et dirige la fameuse offensive du 20 août 1955, qui démontra à l’opinion internationale que la révolution de novembre n’était ni le feu de paille ni la « rébellion » que les médias colonialistes s’évertuaient à décrire.

Ce jour-là, en effet, et ceux qui le suivirent à Skikda, Oued Zenati, Aïn Abid, El Khroub, Guelma, El Harrouche, etc., des casernes, des commissariats, des mairies ainsi que de nombreux centres de l’administration coloniale furent attaqués et parfois détruits par des groupes de moudjahidin appuyés par les populations. Ce fut une éclatante démonstration de l’inébranlable volonté d’indépendance du peuple algérien. Mais Zighout Youcef savait qu’on ne pouvait s’en tenir là. Il fallait doter la révolution de structures à même de lui assurer la constance et l’efficacité.

Durant l’année 1955, il tint une correspondance avec Mostefa Ben Boulaïd dans laquelle il revint souvent sur la nécessité d’une réunion du commandement à l’échelle nationale. Celle-ci, souhaitée par toutes les zones d’opération du pays, se tint en définitive le 20 août 1956, soit un an jour pour jour après l’offensive dirigée par Zighout Youcef. Ce fut le Congrès de
la Soummam, qui se tint dans la vallée du même nom.

Nommé membre du Conseil National de
la Révolution Algérienne (CNRA) et élevé au grade de colonel, Zighout Youcef est confirmé comme commandant de la wilaya II. Il contribue alors à la définition des nouvelles structures politiques, administratives et militaires du Front de Libération Nationale. Peu après il regagna son poste de combat où il commença à mettre en pratique les résolutions du Congrès.

En constant déplacement, il se rendait d’une unité à l’autre, d’un village à l’autre, organisant, préparant, expliquant avec une énergie jamais démentie. Au cours d’une de ces tournées qu’il faisait à cheval, il tomba dans une embuscade à Sidi Mezghiche (wilaya de Skikda) le 25 septembre 1956 

Abane Ramdane

ABANE RAMDANEAbane Ramdane  (1920 – 1957) était un homme politique algérien qui joua notamment un rôle essentiel dans l’histoire de la révolution algérienne, et est considéré aujourd’hui encore comme le dirigeant « le plus politique » du FLN, surnommé « l’architecte de la révolution ».

Principal organisateur avec Larbi Ben M’hidi du congrès de
la Soummam, il trace les grandes lignes du mouvement révolutionnaire consistant à créer un État dans lequel l’élément politique l’emporte sur l’élément militaire, et a opté pour le pluralisme politique et linguistique en Algérie. Victime des luttes internes entres les colonels, partisans du pouvoir militaire, et les défenseurs du primat accordé au politique, il est assassiné sur l’ordre des « colonels » du CCE en 1957.

Né le 10 juin 1920 à Azouza dans la commune de Larbaâ Nath Irathen, appelée alors Fort National (Tizi-Ouzou), dans une famille modeste. Il obtient le baccalauréat mathématiques avec mention «Bien» en 1941 au lycée Duveyrier de Blida. Au contact d’autres jeunes Algériens, il se forge alors et se cimente une conscience politique et nationale, dans une société villageoise rongée par la pauvreté et la misère.

Abane est ensuite mobilisé et affecté pendant
la Seconde Guerre mondiale, avec le grade de sous-officier, dans un régiment de tirailleurs algériens stationné à Blida, en attendant le départ pour l’Italie. Démobilisé, il entre au Parti du peuple algérien (PPA) et milite activement tout en travaillant comme secrétaire de la commune mixte de Châteaudun du Rhummel (Chelghoum Laïd).

Fortement marqué par les massacres du 8 mai 1945, il abandonne ses fonctions, rompt définitivement avec l’administration coloniale et entre en clandestinité pour se consacrer à « la cause nationale » au sein du PPA-MTLD. Il est désigné, en 1948, comme chef de wilaya, d’abord dans la région de Sétif, puis dans l’Oranie. Durant cette période, il est également membre de l’Organisation spéciale (OS), bras armé du Parti, chargé de préparer
la Révolution.

congre de la soumamRecherché par la police française dans l’affaire dite du « complot de l’OS » (1950), il est arrêté quelques mois plus tard dans l’ouest du pays. Il est jugé en 1951, après avoir subi plusieurs semaines d’interrogatoire et de torture, et condamné à 5 ans de prison, 10 ans d’interdiction de séjour, 10 ans de privation des droits civiques et 500 000 francs d’amende pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ».
Commence alors un long calvaire dans les prisons d’Algérie (Bougie, Barberousse, Maison Carrée) et de métropole. Après un court séjour aux Baumettes (Bouches-du-Rhône]) au début de l’année 1952, il est transféré à Ensisheim (Haut-Rhin, Alsace) dans une prison de haute sécurité. Soumis à un régime de détention, de droit commun, extrêmement sévère, il entame l’une longue grève de la faim. À l’article de la mort, il est soigné et sauvé in-extremis, et obtient gain de cause.

Prisonnier politique, il est transféré en 1953 à la prison d’Albi dans le Tarn (sud-ouest de
la France) où le régime carcéral, plus souple, lui permet de s’adonner à son loisir favori, la lecture, qui lui permet de forger sa culture et sa formation politiques. Il y découvre, notamment, la condition injuste et dramatique faite à la nation irlandaise, à maints égards semblable à celle que subit le peuple algérien depuis plus d’un siècle, et le sort d’Éamon de Valera qui connut, comme lui, les geôles britanniques.

Transféré à la prison de Maison Carrée au cours de l’été 1954, il est régulièrement tenu au courant des préparatifs de Novembre 1954. Il est même désigné d’office comme l’un des douze membres d’un comité chargé de prendre en mains les destinées de la résistance algérienne contre le régime français, pour l’indépendance de l’Algérie.

C’est à ce titre que les dirigeants de la zone III (Kabylie, future Wilaya III historique) prennent contact avec lui quelques jours après sa sortie de prison, le 18 janvier 1955, alors qu’il est assigné à résidence à Azouza. Après quelques jours passés auprès de sa mère paralysée, il quitte Azouza, entre en clandestinité et prend en charge la direction politique de la capitale. Son appel du 1er avril 1955 à l’union et à l’engagement du peuple algérien, signe l’acte de naissance d’un véritable Front de libération et son émergence en tant que mouvement national. Il y affirme son credo unitaire, « la libération de l’Algérie sera l’œuvre de tous », qu’il n’aura de cesse que de mettre en œuvre.

Il obtient vite une grande influence dans direction intérieure installée à Alger. Chargé des questions d’animation de la « Révolution » au niveau national en assurant la coordination inter-wilaya, il anime également la liaison avec
la Délégation Extérieure du FLN établie au Caire, les fédérations de France, de Tunisie et du Maroc. Il a ainsi, la haute main sur toutes les grandes questions d’ordre national et international.

 

Il consacre également son énergie à organiser et à rationaliser la lutte, et à rassembler toutes les forces politiques algériennes au sein du FLN pour donner à la « rébellion » du 1er novembre la dimension d’un grand mouvement de résistance nationale. Secondé par Ben Youcef Ben Khedda, il impulse la création d’El Moudjahid, le journal clandestin de
la Révolution, de l’hymne national Kassaman (en contactant lui-même le grand poète Moufdi Zakaria), appuie la naissance des organisations syndicales ouvrière (UGTA), commerçante (UGCA) et estudiantine (UGEMA), qui deviendront, elles aussi, un terreau pour

la Révolution.

Il met également en chantier et supervise la rédaction d’une base doctrinale destinée à compléter et à affiner les objectifs contenus dans
la Proclamation du 1er Novembre 1954. Appuyé par Larbi Ben M’hidi, il fait adopter au Congrès de
la Soummam du 20 août 1956 un statut pour l’armée de libération nationale (ALN) devant se
soumettre aux « lois de la guerre », et surtout, devenir une plateforme politique dans laquelle est affirmée la « primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur ». Il est désigné comme l’un des 5 membres d’un directoire politique national, le Comité de Coordination et d’Exécution (CCE), chargés de coordonner la « Révolution » et d’exécuter les directives de son conseil national (CNRA) créé à cet effet.

C’est Abane Radmane qui décide avec Larbi Ben M’Hidi et Yacef Saadi de déclencher la bataille d’Alger, durant laquelle, chargé avec Ben M’hidi de superviser l’action militaire, il coordonne l’action et la propagande politiques en direction de la population algérienne. 


En mars 1957, après l’arrestation et l’assassinat de Ben M’hidi, et la traque de Yacef Saadi, les réseaux FLN à Alger, poussés par la 10e division parachutiste du général Massu, s’effondrent. Abane avec les trois autres membres du CCE doivent alors quitter la ville.

Il gagne Tunis via le Maroc, après une longue marche de plus d’un mois, et la traversée de tout l’ouest algérien. Dans la capitale tunisienne, il se heurte aux colonels de l’ALN. À ces derniers qui investissent en force les organes dirigeants de
la Révolution (CCE et CNRA), il reproche une dérive autoritariste et l’abandon de la primauté du politique et de l’intérieur, adoptée à
la Soummam, ce qui lui vaut des inimitiés.

il est assassiné le 27 décembre 1957 dans une ferme proche de la ville marocaine de Tétouan. Son corps, disparu, est symboliquement rapatrié en Algérie, en 1984, pour être « inhumé » au carré des martyrs du cimetière d’El Alia, à Alger 

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